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Thérapeute

De l'ostéopathie à la nutrition,
en passant par l'enseignement.

Comment peut-on choisir de devenir ostéopathe?

La question est tout de même pertinente! Je pense qu'avant tout, il faut y croire… Pas dans le sens religieux, car l'ostéopathie n'est pas une question de croyance.

Mon premier lien avec l'ostéopathie s'est créé grâce à une ostéopathe de Lausanne: elle a guéri mon genou qui n'appréciait guère les douze heures de sport que je lui imposais chaque semaine. Un vrai miracle pour le sportif que j'étais : plus de douleur en deux séances. Enfin non, pas un miracle, car nous retombons dans la notion religieuse que je souhaite justement éviter.

Ensuite, un brin de chance: une rencontre avec une amie a rendu la profession concrète
à mes yeux. «Tiens, il est possible d'étudier l'ostéopathie et qui plus est à moins de 30 km de Morges…» Après les années de galères académiques traversées, telles que terminer le gymnase dans les temps ou quelques mois d'errance sur le campus d'HEC Lausanne, voilà que je trouve enfin ma voie, celle-là même qui fait que les études deviennent faciles. Les cinq années s'enchaînent sans difficulté pour une fois; je suis dans mon élément.

Et puis une proposition tombe à vingt-quatre ans: voilà que l'on m'offre un premier poste d'enseignement dans une école de Shiatsu à Genève. Je suis le plus jeune de la classe, j'ai trente-deux heures pour faire comprendre à de futurs thérapeutes le fonctionnement du corps humain et devant moi des personnes de tous niveaux… Une promesse: être meilleur et moins soporifique que certains enseignants théoriques de mon cursus! Ceux-là même qui m'ont poussé à ne pas suivre leurs cours… pari tenu…

Puis arrive la fin des études et enfin les premiers patients sans aide extérieure. Mon tout premier consultant à Monthey souffre d'une lombalgie aiguë. Nous sommes un vendredi 31 octobre 2005. Il faut être bon et professionnel tout de suite, personne pour venir terminer mon travail voir même juste le contrôler. «Oui, monsieur ça ira mieux (moi aussi je doute)…». C'est mon métier d'ostéopathe que je débute, que je définis et que j'explore. Ma seconde patiente s'est prise pour une chauve-souris en passant quarante-cinq minutes la tête en bas, attendant qu'on la désincarcère de sa voiture. Le traitement durera trois mois.

Les expériences se succèdent très rapidement, accompagnées précocement par des interrogations face à ma profession… Quel est réellement notre effet thérapeutique? Pourquoi tant de souffrances physiques et psychiques?

Les patients me racontent leur histoire avec leurs propres mots et chacune est différente, mais un point commun revient sans cesse: le «stress» ou plutôt une perte de la capacité de l'organisme à s'adapter au stress. Dès lors, je concentre, par l'intermédiaire de techniques ostéopathiques ou de conseils donnés aux patients, à trouver des solutions afin qu'ils puissent retrouver l'équilibre et leur capacité d'adaptation face aux stress quotidiens.

Une expérience humanitaire en 2008 au centre de rééducation COPE à Vientiane, Laos, m'a permis de confronter ma pratique thérapeutique à d'autres plaintes, souffrances ou affections. Je me sens vivant dans ce centre thérapeutique laotien. Pas de jugement sur ma profession, je donne un cours aux physiothérapeutes du centre afin de laisser une trace après mon passage, travaille en collaboration avec les médecins, pratique des points de sutures, débat sur des diagnostics possibles... Le travail est immense, proportionnel aux plaintes des patients. C'est une autre façon de vivre ma profession.

Retour en Suisse fin 2008, pour une formation pédagogique. Je commence à donner des cours à des apprentis techniciens en orthopédie. Ma vie se partage entre le cabinet et l'enseignement. J'effectue plusieurs remplacements en notant chaque fois les points positifs du cabinet dans lequel je travaille.

Je ne cesse de m'interroger pour la suite: comment faire évoluer ma pratique, comment aider mieux mes patients dans leurs difficultés à faire face à leurs stress, suis-je moi-même victime de ce stress?

Les nombreuses lectures que je fais me soufflent lentement une réponse possible… La nutrition, élément de base dans le bien-être… Une formation universitaire pour les professionnels de la santé commence en octobre 2011, tout comme les travaux pour un certain cabinet d'ostéopathie Akajù. Les deux idées se lient et germent côte à côte. Réflexion commencée en août 2009 qui se termine dans le courant de l'année 2012 avec la création d'un cabinet d'ostéopathie qui me correspond ainsi qu'un CAS en nutrition de l'université de Lausanne.

Avec le temps, j'ai compris comment et pourquoi c'est un magnifique choix de devenir ostéopathe… La vraie question que je me pose encore presque tous les jours est : comment devenir ou rester un bon thérapeute?…